Partager l'article ! CDG Capital, leader du marché exprime ses ambitions: Son administrateur directeur général, Amine Benhalima, nous a reçus le 9 juin au siège de la ...
"Les profits sont le sang vital du système economique, l'elixir magique sur lequel repose tout progrès. Mais le sang d'une personne peut être
le cancer pour une autre."Numéro un en termes d’actifs sous gestion (142 milliards de dirhams), numéro deux en conservation de titres (dépositaire, 290 milliards de dirhams), leader dans les activités de marché (30% des parts de marché sur la dette publique marocaine sur les quatre premiers mois de l’année 2009), drainant près de 15% des parts de marché des sociétés de Bourse, CDG Capital s’est imposée, en l’espace de trois ans, comme un acteur de référence sur le marché marocain. Durant cette courte période, la banque d’affaires a aussi mené à bout de grands projets en corporate finance. L’introduction en Bourse de la CGI, de la compagnie Atlanta, ainsi que les émissions obligataires pour ADM (Autoroutes du Maroc) ou l’ONCF (Office National des Chemins de Fer), le fonds de titritisation du CIH (1,5 milliards de dirhams), le financement structuré de Casanearshore (2,5 milliards de dirhams), ou de Technopolis Rabat Salé (1,5 milliards) portent tous l’empreinte et le logo de CDG Capital. C’est fort de cette expérience, et de son adossement à la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), l’un des principaux animateurs de l’activité financière et économique nationale, que CDG Capital a entamé une réflexion interne.
Les Afriques : La période allant de septembre 2008 au premier tiers 2009 a été marquée par de fortes turbulences dans les marchés financiers mondiaux. Comment ces perturbations ont-elles été perçues au Maroc ?
Amine Benhalima : La place marocaine reste relativement protégée. Les investisseurs étrangers ne détiennent pas de parts importantes de la capitalisation flottante. En outre, le contrôle des changes limite l’accès aux marchés internationaux. Quant à l’assouplissement accordé aux institutionnels pour placer 5 à 10% de leurs réserves à l’étranger, il n’a pas encore été fortement utilisé. Ce qui finalement a été une bonne chose, vu la crise financière internationale.
LA : Quid de l’évolution de l’activité de la CDG Capital dans cette conjoncture ?
AB : Nos activités de marché ont bien évidemment connu une baisse compte tenu du contexte global. Les activités de trading ont aussi souffert de la baisse des volumes. Sur la dette publique (marché des taux), il y avait en début 2008 une tendance haussière qui s’est inversée depuis, mais les volumes échangés se sont rétractés. En ce qui concerne la gestion d’actifs, nos encours ont considérablement progressé en 2008. Il y a, dans cette évolution, les effets « nouvelles souscriptions » et les effets « marché ». Ce dernier paramètre n’a pas tellement contribué à la hausse, même s’il y a lieu de noter les bonnes performances du marché obligataire. Quant à la partie gestion sous mandat, elle a connu une forte croissance, notamment en raison de l’externalisation de la caisse de retraite de l’OCP au RCAR (opération de 28 milliards de dirhams).
LA : Finalement, à combien s’élève l’encours des fonds gérés par votre entité ?
AB : Nous cumulons 142 milliards de dirhams entre la gestion sous mandat et la gestion collective. La dernière partie (OPCVM) présente un encours de 53 milliards de dirhams à fin mai 2009.
LA : Avoir dans votre cas, des institutionnels comme souscripteurs dans les OPCVM n’est-il pas un bon facteur de stabilité ? Quelles ont été vos performances l’année dernière ?
AB : Certainement. Quand le contexte du marché devient perturbé et incertain, il y a en général un engouement pour les SICAV monétaires et obligataires. On a connu d’excellentes performances ajustées aux risques en 2008. Raison pour laquelle nous avons remporté 6 trophées sur 11, lors des Asset Management Trophies organisés annuellement au Maroc.
LA : Beaucoup d’émissions obligataires ont été enregistrées sur le marché l’année dernière. Autant d’opportunités pour une banque d’affaires comme la votre ?
AB : En effet. Il y a eu un engouement de la part des émetteurs, mais aussi des souscripteurs pour la dette privée, compte tenu de la rareté du papier public et des spreads intéressants proposés. Les émissions importantes de l’année dernière, drainées essentiellement par les banques, les holdings et les industriels ont donné de la vitalité à ce compartiment. Celui-ci devrait continuer à se développer sur les années à venir.
LA : Ne pas avoir un réseau étoffé comme celui des banques de détail n’est-il pas handicapant pour le business ?
AB : Effectivement, notre clientèle est principalement institutionnelle et grands comptes. Mais si nous n’avons pas de réseaux propres, nous avons des partenariats avec des banques de détail.
LA : Vous avez récemment reprofilé le logotype de votre groupe. Quel est l’objectif visé par cette refonte ?
AB : Je commencerai par rappeler d’abord que la naissance de CDG Capital en mars 2006 constituait une étape importante, le groupe CDG ayant lancé une opération de filialisation de certaines activités. Celles développées sur les marchés de capitaux autour de la maison mère ont été transférées à CDG Capital. Nous avons mené depuis une stratégie de croissance très importante. De 35 personnes au départ, nous sommes passés à plus d’une centaine aujourd’hui ; sans compter les équipes de nos filiales, qui font que nous sommes plus de 170 aujourd’hui. Dans une deuxième étape, nous avons intégré nos quatre filiales, une après une. Avant, on ne voyait pas de rattachement ou de lien direct entre ces entités et CDG Capital. Il pouvait y avoir une confusion, que nous avons souhaité éliminer. Aujourd’hui, notre logotype a été retravaillé pour donner plus de visibilité et ainsi mieux coiffer l’ensemble des filiales. Notre offre est ainsi plus claire et plus lisible.
LA : En l’absence d’attractivité du marché boursier, comment se comporte le pôle private equity, activité maîtresse de l’une de vos filiales ?
AB : La place dans sa globalité avait connu un démarrage difficile de l’activité capital investissement. On est passés par une phase où il fallait d’abord convaincre les actionnaires et chefs d’entreprise d’ouvrir leur capital à des fonds d’investissements. Il y a eu par la suite une accélération avec plus de fonds et plus d’investissements, ainsi que des succès et des sorties en Bourse réussies. Dans la période que nous traversons, les sorties en Bourse sont évidemment ralenties. Mais les valorisations avaient aussi tendance à augmenter considérablement quand le marché boursier était euphorique. L’accalmie actuelle peut rendre le secteur plus attrayant pour les fonds en phase d’investissement.
source : lesafriques.com
date : 29-06-2009
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